lundi 14 juillet 2008

Dimanche 6 juillet- Marche sur le feu

Invitées par un collègue de Nat, nous nous sommes rendues à une marche sur le feu, un rite religieux hindouiste effectué par les malbars. Il fait suite à un carême de plus d’un mois et est destiné à purifier les âmes des pratiquants de leurs péchés, ainsi qu’à réaliser des souhaits profonds comme la guérison d’un proche par exemple. Les fidèles marchent sur des braises (de loin nous n’avons d’ailleurs vu que de la cendre), pieds nus évidemment. Plus le fidèle marche vite, plus il a mal fait son carême et est donc punit par la volonté divine.

Ces rites se passent dans un temple tamoul décoré de guirlandes fleuries de toutes les couleurs, où le rouge et le jaune sont les couleurs prédominantes. Les fidèles portent d’ailleurs aussi des tuniques type indiennes des mêmes couleurs. Tout cela donne une ambiance très festive et colorée, enjolivée par le bruit des tam-tams !

Malheureusement, les filles sont arrivées un peu tard et il leur est difficile de se frayer un chemin à travers la foule (plus de deux cent personnes à mon avis). Nous observons donc la marche sur le feu de derrière et n’apercevons en fait que rarement les fidèles marcher dans la cendre. Placées juste derrière eux, nous les voyons par contre se féliciter l’un l’autre après chaque passage. C’est là que l’attention de Marje et Nat est attirée par deux biquettes qui broutent tranquillement sur le côté. Insouciantes elles ne savent pas encore ce qu’il va leur arriver. En fait, les malbars sacrifient des cabris et des coqs pour les offrir à leurs dieux. Les pauvres biquettes !!! Et en plus c’est le collègue de Nat qui est chargé de cette tâche. Marje et Nat ne peuvent regarder, Vaness glisse un regard mais finit aussi par le détourner. Résultat des opérations : 2 cabris et une bonne dizaine de coqs sont trucidés en moins de 20 minutes. C’est ensuite le tour des femmes de se purifier de leur péchés : elles avancent sur les genoux en se flagellant et offrent ensuite noix de cocos et autres offrandes à leurs dieux.

La cérémonie se finit par une énorme fiesta, tout le monde saute dans tous les sens au son de la musique. Les filles ne restent pas pour le repas : elles seraient bien incapables de manger les cabris fraîchement tués.
Deux jours après, Nat demande à son collègue de lui montrer ses pieds : pas une cloque, pas une rougeur, mais ça chauffe encore !

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